Miscellanées pour Olivier Bruley
« Toute langue vit, travaille, respire, souffre, s’exalte et succombe en se transformant. On peut tout retirer à un peuple malheureux : la liberté, la jouissance du patrimoine temporel et même les instruments de résurrection et même la confiance en ses destinées, il est presque impossible de lui retirer son langage. Le génie des tyrans s’y est efforcé bien souvent et il a toujours échoué...
Le mot de littérature, au principe, signifie art des belles-lettres ou, comme dit encore Littré, connaissance des belles-lettres, ou même profession des belles-lettres, - bien qu’il ne soit pas vraiment sûr qu’il existe une profession des belles-lettres. - Enfin le mot littérature s’applique à l’ensemble des ouvrages écrits dans un temps donné, dans un pays, dans un monde, dans me monde.
La littérature contribue à faire la langue et la langue est l’instrument premier de toute littérature. Il faut d’abord des mots pour représenter des choses et des êtres, puis des règles pour assembler ces mots, pour exprimer des jugements et former des raisonnements. Il faut des mots même pour pousser des cris.
J’aime la langie de mon pays. Elle est riche, avec décence... Elle n’est pas de ces langues pauvres qui, dépourvues de certains termes, laissent, en maintes conjonctures, l’esprit désemparé. Elle est riche, je le répète, mais ses serviteurs savent que l’homme vraiment fort n’emploie jamais toute sa force et que, pour écrire des oeuvres maîtresses, Jean Racine s’est contenté de quelques milliers de mots ».
Georges Duhamel, Les Lettres françaises, dans « La France immortelle », Hachette, 1946.
Francisque Bouillier tient une thèse similaire à la vôtre dans son article « Corruption de la langue par la politique du jour », publié par le Correspondant en 1885.
13/11/06 - 20:32
je serais curieux de savoir à quelles langues pense l'auteur évoquant des 'langues pauvres', je serais curieux aussi de savoir la littérature de demain sachant comme la langue semble muter peut-être pas aujourd'hui davantage qu'hier mais avec cet aspect ' non-écrit', phonétique qui apparait maintenant dans certains écrits, je pense 'SMS' mais aussi écriture de ceratins ados..
patrick (visiteur - site web)